"Muller contre Muller" dans "Faites entrer l'accusé" sur France 2

Publié le 1 Novembre 2014

Frédérique Lantieri (Crédit photo : Jean Pimentel / FTV)

Frédérique Lantieri (Crédit photo : Jean Pimentel / FTV)

Ce samedi à 14h45, Frédérique Lantieri présenta sur France 2 un nouvel épisode inédit de « Faites entrer l’accusé » qui aura pour thème « Muller contre Muller », un document de Marie-Sophie Tellier.

Ce soir de novembre 1999, la brigade de recherches de Bouxwiller reçoit un appel du docteur Jean-Louis Muller. L’homme leur annonce d’une voix blanche : « Il y a ma femme qui vient de se suicider ». Trente minutes plus tard, lorsque les gendarmes arrivent dans le pavillon du couple, ils découvrent le corps de Brigitte dans une mare de sang. A ses pieds se trouve l’arme qui a emporté une partie de sa tête : un 357 Magnum.

Qu’est-ce qui a pu pousser cette femme de 42 ans à mettre fin à ses jours ? Selon son mari, ils vivaient heureux avec leurs deux enfants et ne connaissaient aucune difficulté. A l’Institut d’administration des entreprises de Strasbourg où Brigitte travaillait comme documentaliste, ses collègues sont tout aussi perplexes. Quant aux experts, ils sont troublés pour une autre raison : il n’y a pas de résidu de poudre sur les mains de Brigitte. Etrange... Mais sur celles de son mari non plus. L’enquête est finalement classée sans suite le 21 février 2000.

Ce sont les parents de Brigitte qui reviennent à la charge. Quelque chose ne colle pas : leur fille était une femme passionnée, raffinée et attachante. Elle avait horreur des armes à feu... et elle n’avait surtout aucune raison de mettre fin à ses jours ! Elle avait surmonté un accident de cheval et se sentait beaucoup mieux. Elle venait même de rencontrer un homme et songeait à quitter son mari... Se seraient-ils disputés à ce sujet ? Jean-Louis Muller aurait-il eu un coup de sang en apprenant que Brigitte voulait divorcer ?

La justice rouvre le dossier et s’intéresse de plus près au mari. Avant de devenir médecin légiste, il a tour à tour été médecin des pompiers et des armées. Spécialiste de balistique, il possède plusieurs armes à feu et a consacré une thèse... aux blessures par balles. Et puis, une nouvelle expertise retrouve finalement des résidus de tir sur ses mains. L’homme aurait donc un mobile et les connaissances suffisantes pour maquiller la mort de sa femme en suicide !

Mais dans ce cas, comment expliquer qu’il n’y ait pas d’empreintes sur l’arme ? Pas de traces de pas sur le sol ensanglanté ? Pas résidus de poudre ou à peine sur la défunte ?

Il faudra quatorze ans, des dizaines d’expertises et trois procès pour donner enfin une issue judiciaire au mystère Muller.

Rédigé par LZDP

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