Profession socialiste dans Docs Interdits sur France 3

Publié le 28 Janvier 2016

Profession socialiste dans Docs Interdits sur France 3

Dans sa case « Docs Interdits » France 3 proposera ce soir à 23h05 « Profession socialiste » réalisé par Henry Marquis.

Vote après vote, le fossé s’élargit entre les Français et leurs représentants politiques, et particulièrement ceux qui exercent le pouvoir. Depuis 2012, le Parti socialiste a ainsi perdu tout ce qui avait constitué ses bastions électoraux et aidé à l’élection de François Hollande à la Présidence de la République (grandes villes, départements, régions). Le film Profession socialiste s’interroge sur les causes de défaites répétées, et met en lumière une explication peu souvent avancée : le Parti socialiste est aujourd’hui, victime, entre autres, de sa professionnalisation. Militants devenus collaborateurs d’élus puis élus dès leur plus jeune âge, responsables coupés des réalités quotidiennes et une approche « technique » de la politique sont autant de signes du divorce entre ceux qui exercent des responsabilités et ceux qu’ils représentent.

Les personnages du film sont tous concernés par ce phénomène.
Michèle Delauney, députée de la Gironde et ancienne ministre du gouvernement Ayrault avait lancé l’alerte, en septembre 2014, par un post de blog intitulé « Le tunnel ». Elle pointait les dérives et les dangers d’un enfermement dans la carrière politique. Elle exprime ici son point de vue, d’élue de militante venue à la politique après une carrière de médecin cancérologue.

Bruno Le Roux, est entré très jeune en politique, et cumule depuis de nombreuses années mandats et responsabilités. Aujourd’hui député de la Seine-Saint-Denis et surtout président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, son parcours pourrait en faire un professionnel de la politique. Il récuse le terme, et se veut toujours au contact de sa circonscription comme des préoccupations de ses électeurs.

Dominique Potier, devenu député de la Meurthe-et-Moselle après avoir battu Nadine Morano en 2012, est un des rares élus nationaux a avoir connu une vie professionnelle avant d’entrer en politique. Agriculteur, il s’explique dans le film sur son engagement et sa conception de son mandat d’élu, « un CDD » selon lui.
Laura Slimani a entamé, à 26 ans, le parcours typique des futurs professionnels de la politique. Présidente du Mouvement des Jeunes Socialistes et des Jeunesses Socialistes Européennes, elle pourrait, comme nombre de ses devanciers à son poste de présidente des MJS, envisager un avenir d’élue. Elle y songe, dans une perspective qui n’est plus simplement française mais européenne. Elle s’interroge aussi dans le film sur la suite d’une vie qu’elle souhaiterait ancrée dans le réel.

Dans le film, deux autres points de vue éclairent ces parcours et interrogent la professionnalisation de la politique et particulièrement du Parti socialiste. Rémi Lefebvre est professeur de science politique, et étudie la vie du PS dans ses livres (« La Société des socialistes », « Les primaires socialistes, la fin d’un parti militant ») et avec ses étudiants de l’université Lille-2 et de Paris Panthéon-Sorbonne.

Bastien François, également professeur de science politique a créé et supervise la formation de l’université Panthéon-Sorbonne intitulée « Affaires publiques/ Administration du politique ». Tous deux donnent des explications historiques, politiques et sociologiques de cette évolution de la politique comme métier.
Le film donne également la parole à des étudiants, souvent militants et parfois déjà engagés aux côtés d’un élu, qui se forment pour devenir collaborateurs d’élu. Comment expliquent-ils leur choix à l’heure où leur génération déserte les urnes et boude les partis ?

Au-delà du PS, le film Profession socialiste interroge tous les partis sur leur pratique et leur raison d’être aujourd’hui, par temps de grande défiance.

Rédigé par Sarah

Publié dans #France 3

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