"Jean-Jacques Goldman, de l'intérieur" documentaire inédit sur France 3 ce soir

Publié le 15 Septembre 2017

"Jean-Jacques Goldman, de l'intérieur" documentaire inédit sur France 3 ce soir

Depuis plusieurs années, France 3 constitue une véritable anthologie de la chanson française à travers des portraits d’artistes qui marquent leur époque. La chaîne lance sa rentrée avec l'un des plus grands de sa génération, Jean-Jacques Goldman, chanteur à la carrière extraordinaire mais à la vie ordinaire.

Comment faire un film différent sur Jean-Jacques Goldman, redevenu un simple citoyen anonyme à Londres et toujours pas disposé à parler de lui ? D’ailleurs, insister à nouveau pour faire un film sur lui, sans lui, est-ce bien raisonnable ?

En effet, pour Goldman, aucun film, livre ou disque ne peut rivaliser avec le lien qu’il continue d’entretenir directement avec son public. Mais Didier Varrod, admirateur revendiqué de la première heure, membre de la grande famille des afficionados, cette « armée de simple gens », comme Goldman l’a chanté, a toujours eu ce désir de raconter l’artiste autrement qu’en capitaine d’industrie, qu’en patron de la chanson française ou qu’en pygmalion imparable.

Au début des années 80, défendre son répertoire n’était pas une évidence. Pour ses détracteurs, il n’était qu’un faiseur de tubes. Tellement loin de la chanson d’auteur classique.

Pour Varrod, journaliste encore débutant, comme pour son public, son répertoire était déjà celui d’un grand. Le film en fait la démonstration en revenant au plus près de ses chansons, au cœur de sa musique, de ses mots, mais aussi de ce qu’il a pu nous dire tout au long de sa carrière.

Ainsi découvre-t-on la vision du monde de Jean Jacques Goldman sur l’éducation, la création, l’inspiration, la religion. On s’immerge progressivement dans sa psyché qui expose sa vision du rôle du chanteur dans la société, son rapport à la notoriété et aux critiques et sa relation à la fois radicale et intègre à la politique.

Pas d’experts ou d’invités donc pour témoigner à sa place. En choisissant de partager avec les téléspectateurs la lecture de certains de ses propos choisis, Didier Varrod, mis en scène par Nicolas Maupied – en collaboration avec Virginie Parrot – révèle un Goldman de l’intérieur qui a choisi d’être populaire, sans faire de compromis.

Pour ponctuer ce récit à deux voix fait d'images d’archives inédites dont une interview de Didier Varrod réalisée en super 8 en 1991, quatre artistes de générations et d’univers totalement  différents offrent une relecture personnelle d’un morceau de leur choix.

Vincent Delerm, auteur compositeur interprète, héritier de la proximité et de l’amour des mots de Goldman, il donne une interprétation sensible de « Veiller tard », dont il réactualise la puissance émotionnelle. Une chanson qui révèle la personnalité contrastée de l’auteur en évoquant l’inquiétude sourde » qui nous « saisit même après les plus grandes joies »

Fishbach, jeune icône de la chanson pop électronique, auteur de ses propres chansons, indépendante et non-conformiste comme a toujours su l’être Goldman, elle revendique autant son influence que celle de Patty Smith. Sensible au « ni dieu ni chaîne » de son aîné, elle prête sa voix rauque au mémorable tube « Pas toi ».

Idir, chanteur kabyle, auteur de la berceuse mondialement connue A Vava inouva, il interprète cet autre tube composé une dizaine d’année plus tard par Jean-Jacques Goldman : « Là-bas ». Chanté en deux langues en duo avec sa fille, le titre rappelle que nos sociétés n’en ont pas fini avec la question de l’exode, des migrants et du déracinement.

Gaëtan Roussel, voix des groupes Louise Attaque et Tarmac, désormais lancé dans une carrière solo, ce proche d’Alain Bashung rend hommage à la pudeur et à la lucidité de Jean-Jacques Goldman, en donnant une version vibrante de « Sache que je », chanson sur l’impossibilité de dire « je t’aime. »

Interprétations à contre-emploi, très loin des reprises formatées de cette génération Goldman qui explosa pourtant tous les compteurs, ces reprises finissent de dessiner le portrait « non homologué » de Jean-Jacques Goldman et replacent son œuvre dans le panthéon des chanteurs qui font aussi notre histoire de France.

 

Rédigé par Sarah

Publié dans #France 3, #Actu TV

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