
Ce soir, le capitaine de l’Equipe de France de Football qui vient de se qualifier
mercredi dernier pour participer à la Coupe du Monde 2010 en Afrique du Sud sera l’invité, sur RTL, du « Club Liza ».
Aux côtés de son ancien co-équipier, Thierry Henry est revenu sur la polémique de la faute qu’il a commise, sur sa main malheureuse, ce geste qui n’a pas été sanctionné par l’arbitre et qui a
permis à la France de marquer son but qualificatif face à l’Irlande et de gagner ainsi son ticket pour l’Afrique du Sud.
Pendant une heure, ce sont deux champions du Monde 98 qui se sont retrouvés pour débattre de ce match. D
Fallait-il rejouer le match ? Le capitaine des Bleus devait-il dénoncer sa faute à l’arbitre ? Faut-il relancer le débat sur la vidéo ? Raymond Domenech doit-il rester à la tête de l’Equipe de
France ? Comment se sent-il quelques jours après le match ? A-t-il réellement pensé à quitter les Bleus ?
Nous vous proposons de découvrir ci-dessous la première partie de cette interview (
lire la seconde partie)
Thierry Henry répond aux critiques de Bixente Lizarazu et parle de son geste…
«
…Oui là j’ai dit ce serait la chose la plus juste… après j’ai dit que c’était pas de mon ressort et le communiqué moi quand je l’ai travaillé avec mon avocat on l’a travaillé le matin et moi
je suis parti à l’entraînement… après l’avocat l’a sorti quand le contenu était bien et bien fourni. Donc voilà, moi je n’étais pas au courant d’une histoire de Fifa ou pas Fifa… »
«
… Il y a quelque chose qui s’est passé, il y avait urgence pour moi… à un moment donné je me suis retrouvé seul. C’est seulement après mon communiqué que certaines personnes m’ont appelé.
C’est même pas que j’ai pas ressenti de soutien, c’est qu’il n’y a pas eu de soutien… »
«
… J’ai eu le coach et je vais revenir sur ce que vous avez dit, j’ai eu beaucoup d’appels de joueurs, de coaches, de gens que j’avais perdu de vue, qui m’ont soutenu qui m’ont dit que tout ça
s’était vraiment n’importe quoi… que ça avait été trop loin et que j’étais tout à fait en osmose avec eux, mais les gens qui devaient venir au front me défendre et peut-être atténuer ce qui se
passait peut-être en France et puis surtout atténuer ce qui se passait en Angleterre je n’ai vu personne…Ce n’est pas que j’aurais aimé ou pas aimé, c’est que ça ne c’est pas passé. Après c’est un
fait, donc voilà… J’ai vu pas mal de personnes venir quand j’ai fait mon communiqué et il n’y a rien d’autre… »
«
… Je dis juste que Liza tu sais très bien, on est un groupe, on est une équipe et à un moment donné ce n’est pas l’équipe seule ou un joueur seul, c’est tout le monde… quand ça va pas, quand
ça va bien faut que tout le monde vienne… ensemble, et qu’on s’aide parce qu’à des moments nous les joueurs, on a dû se recroqueviller dans notre coin et essayer de se qualifier pour cette Coupe du
Monde et Dieu seul sait que c’était pas facile comme on était partis, mais à un moment donné faut qu’on soit tous ensemble et pas seulement nous d’un côté et certaines personnes de l’autre… c’est
comme ça que je vois ça personnellement. Quand tu penses qu’on va t’appuyer ou pas t’appuyer –enfin bref- mais à l’arrivée c’est un fait qu’il n’y a pas eu appui et franchement cela m’a vraiment
choqué encore une fois oui. »
Sylvain Charlety : Vous avez pensé arrêter votre carrière, tout claquer, votre carrière internationale en Equipe de France....
«
Pas tout claquer, bien sûr j’y ai pensé parce qu’à un moment donné je vous dis que ça n’a pas été évident mais d’un autre côté je me suis toujours battu pour les Bleus et je me battrais
toujours pour les Bleus. Depuis le début de la saison je viens jouer blessé en sélection, je me suis même mis en porte à faux avec mon club, le club a été extraordinaire et le coach Guardiola aussi
sur ce plan là parce qu’il a compris que j’avais cette envie de venir jouer et d’essayer de qualifier l’équipe de France. Donc je me suis dit un moment donné ça fait mal quand même, je ne vais pas
vous mentir, et puis après je me suis dis quand même Thierry. C’est comme tout le monde ce sont des pensées qui passent par la tête et après on reprend le dessus et voilà. »
«
… C’est pour ça qu’hier je t’ai appelé, parce qu’on n’était vraiment pas sur la même longueur d’onde et à un moment donné je suis resté choqué par certains trucs que t’ai pu dire et je me
suis dit ce n’est pas possible, il faut que j’appelle Liza quand même parce que si c’est l’image qu’il a c’est totalement faux… donc je vais revenir sur le 1er point.. »
Bixente Lizarazu : sur la main, sur la
double main
«
Je l’ai dit, je le redirai, je l’ai dit tout de suite après le match, je l’ai dit sur le terrain, je l’ai toujours dit, c’est pas comme si je m’étais enfui et je m’étais caché. Je l’ai dit,
la première main franchement, c’est comme un réveil, c'est-à-dire que la balle me tape dessus et là je la vois, et après j’ai le mauvais réflexe de la retoucher et de centrer pour William…
»
Bixente Lizarazu : donc, on est d’accord sur la 1ère main, on peut considérer que c’est un mauvais réflexe et sur la 2ème tu ajustes la trajectoire du…
«
Non l’inverse, l’inverse… la première main, je ne sais même pas qu’elle me touche, c’est après que quand je la vois j’ai un mauvais réflexe, sur la 2ème
Bixente Lizarazu : Nous, quand tu vois l’image sur le ralenti…
«
Ah mais ça, Liza, je peux te le jurer la première je sais même pas qu’elle me tape la main. »
Bixente Lizarazu : le 2ème point, il y a but de William Gallas, tu cours tu célèbres ce but comme si de rien n’était, moi j’ai été dérangé par ça parce que évidemment que tu sais que
tu as fait cette main là, qu’est-ce qui s’est passé… ?
«
C’était un moment incontrôlable, c’est tout à fait hors contexte, il y a des gens qui ne peuvent pas comprendre ça, à ce moment là, c’est un moment incontrôlable… »
Bixente Lizarazu : et tu le regrettes ce moment là ?
«
Ah, j’aurais pas dû le faire oui, j’aurais pas dû le faire… »
Bixente Lizarazu :: La 3ème chose et c’est là où hier tu n’étais pas d’accord avec moi, à la fin du match tu vas t’asseoir à côté de Dunne, le défenseur irlandais…
«
D’ailleurs, ce n’est pas la première chose que j’ai faite après le match donc bon… »
Bixente Lizarazu : En tout cas il y a cette image là où tu es assis à côté de Dunne, et moi, je te l’ai dit hier notamment, après un match comme celui j’ai dit il faut fermer sa gueule,
rentrer aux vestiaires et pas en faire des caisses. Le truc c’est que cette image là elle m’a gêné, parce que tu savais que tu avais fait main et en même temps ce truc là tu aurais pu le faire dans
le vestiaire ou dans le couloir et pas au milieu du terrain. Donne nous ton explication du pourquoi tu t’es retrouvé là.
«
Justement ce que toi tu pensais m’a choqué. C’est pour ça qu’hier je t’ai appelé, parce que j’ai trouvé ça franchement… Quand tu n’as pas toutes les données c’est difficile de juger. Et vous
des fois vous restez avec des images et les images parfois parlent d’elle-même et les gens font et racontent ce qu’ils ont envie de raconter. Et c’est ce que j’ai trouvé dommage, c’est ce que j’ai
trouvé choquant. Richard Dunne en l’occurrence, parce que Richard Dunne je le connais, d’accord, c’est un mec que je côtoie depuis 6/7 ans que je respecte et il me respecte. Donc quand
je l’ai vu affalé dans la surface à côté de moi, j’ai surtout dit Thierry ne célèbre pas, ne fais rien, va le voir après ce qu’il c’est passé et excuse toi. Et je suis parti m’excusé, c’est ce que
je lui disais. Quand je me suis excusé et il l’a accepté. Et après je lui ai dit texto « je suis mort », il m’a dit « je suis mort » et après je l’ai aidé à se relever. Et là j’ai
continué à aller voir les irlandais. »
Bixente Lizarazu : Moi je voudrais parler de jeu avec toi. C’est quand même le plus important, on en a fait des caisses concernant ta main et ce n’est pas là l’essentiel. Qu’est ce qu’il
c’est passé ? Pourquoi vous êtes passé totalement à côté de ce match psychologiquement et techniquement ?
Je pense que, déjà je vais parler un peu du match aller, ça va pas être long, je pense que à aller ce qu’on a superbement bien fait en deuxième mi-temps c’est que au lieu de leur redonner le
ballon vite et de jouer long, on a essayé de poser le jeu et ça c’est plus tôt notre jeu. Et contrairement au match retour, je ne sais pas si c’était le match, l’engouement ou je ne sais pas, au
lieu d’essayer de poser la balle on est rentré dans leur jeu. Tu sais très bien Liza qu’avec les britanniques si tu commence à jouer long et si tu commences à aller au combat, ils sont beaucoup
plus forts que certaines équipes pour aller récupérer le deuxième ballon et le combat. Donc on n’aurait pas dû rentrer dans leur jeu. Malheureusement on est rentré dans leur jeu et c’est devenu
trop dur pour nous. Nous, on est une équipe qui doit jouer au ballon au sol et dès qu’on a commencé à jouer long et à rentrer dans leur jeu ça a été trop difficile. Ils ont pris confiance,
ils se sont créés des occasions, ils ont marqués, ça nous a un peu coupé les jambes et on a eu du mal à passer au-dessus de tout ça.
Bixente Lizarazu : Même techniquement, ce qui est quand même une de vos grandes qualités en équipe de France, vous avez été dominé par les irlandais. C’est quand même incroyable. J’ai vu des
fautes technique, des fautes de passe ou des mauvais controle inhabituel pour l’équipe de France. Vous aviez trop de pression, parce que ça donnait ce sentiment ?
Je ne pense pas que c’est ça. Cela fait un petit moment que je suis en sélection, j’ai joué des matches, et par le passé aussi ça nous est arrivé, et tu as du mal à l’exprimer. C’est que la
façon dont l’Irlande est rentrée dans le match, et croyez moi qu’on voulait bien rentrer et qu’on voulait bien jouer, mais la façon dont l’Irlande est rentrée dans le match nous a peut-être fait
douter. Et tu sais très bien que, des fois, quand tu doutes sur le terrain c’est pas toujours évident, tu fais des trucs que tu n’as pas l’habitude de faire, tu rates des actions que tu n’as pas
l’habitude de rater. Ce n’est pas toujours évident et par le passé ça nous est déjà arrivé même au moment de la grande époque. Donc ce n’est pas évident. Mais il ne faut pas non plus avoir peur des
fois aussi de dire que l’Irlande a mieux joué que nous. L’Irlande a mieux joué que nous.
Sylvain Charley : Thierry et Bixente, moi en tant que journaliste, mais aussi amateur de l’équipe de France et supporter des Bleus, sincèrement, depuis je crois le France - Italie au Stade de
France en 2006, mise à part le France/Irlande dans ce contexte particulier, je ne vibre plus en regardant, en écoutant, en suivant les matches de l’équipe de France. J’ai l’impression que vous
cherchez toujours un fond de jeu, des automatismes.On ne vibre plus avec les Bleus Thierry Henry.
Je vous l’ai déjà répété, je pense, à mainte et mainte reprises, n’oubliez pas qu’on n’a pas la même équipe qu’avant. Vous n’êtes pas le même journaliste que quand vous avez commencé, on est
d’accord ? Il y a combien de jeunes dans cette équipe ? Il y en a beaucoup. Donc des fois c’est dur à accepter, c’est pas évident mais tu apprends toujours sur le tas. Et cette équipe se cherche
toujours, parce qu’il n’y a toujours pas un match référence contre une grosse équipe, ce n’est pas évident. Moi quand je suis arrivé en équipe de France j’avais 19 ans, il y avait des tauliers à
coté de moi, et il y en avait 15, et deux, trois petits jeune qui trainaient par-ci par-là de temps en temps. C’est pas pareil quand tu rentres sur le terrain. Cette équipe se cherche, cette équipe
est jeune.
Crédit photo : Abacapress / RTL
Lundi 23 novembre 2009
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23
/11
/2009
21:00
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Par Jeremy
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Publié dans : Actu Radio FM
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