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[A voir] Opération turquoise ce soir sur Canal +

operation-turquoise-cipango-riccardo-gangale.jpgAprès l'affaire du Rainbow Warrior et l'affaire Elf (les prédateurs) il y a quelques semaines, ce soir à 20h50, Canal + proposera une nouvelle fiction évenement se penchant cette fois sur l’opération Turquoise qui se déroula à la fin du génocide rwandais dans les derniers jours de juin 1994.

Réalisée par Alain Tasma (Harkis, Les Blus, Nuit noire) sur un scénario de Gilles Taurand et Alain Tasma, ce téléfilm de 110 minutes, nous ramène donc 13 ans en arrière en plus précisemment le 19 juin 1994, jour où des unités d’élite de l’armée française sont en état d’alerte. Un premier contingent d’environ cent cinquante hommes est placé sous les ordres du commandement des opérations spéciales (COS), avec la mission de pénétrer au Rwanda afin "d’ouvrir les portes" aux 2.500 soldats français qui vont suivre. Beaucoup d’entre eux ne connaissent pas l’ampleur du génocide qui a fait au moins 800.000 victimes dans la population tutsi. Ils débarquent au Zaïre et attendent que le Conseil de sécurité de l’ONU leur donne le feu vert. Leur mission, baptisée opération Turquoise, est de "contribuer de manière impartiale à la sécurité et à la protection des personnes déplacées, des réfugiés et des civils en danger au Rwanda". C’est donc officiellement une mission humanitaire dont les maîtres mots sont l’impartialité et la neutralité.

operation-turquoise2-cipango-riccardo-gangale.jpgUne fois de plus et c'est bien evidemment tout à son honneur, Canal + met le doigt là où ca peut faire mal même si pour Alain Tasma et Gilles Taurand : "Cette fiction n’a aucunement pour objectif d’imposer une quelconque vérité au téléspectateur mais de lui permettre, à partir d’un choix précis de situations et d’un échantillon représentatif de personnages, de s’interroger sur les ambiguïtés et les contradictions profondes de l’humanitaire mêlé au politico-militaire. Les producteurs de ce téléfilm ont ainsi scrupuleusement veillé à éviter toute caricature et toute forme de manichéisme, quitte à rendre parfois difficile la lecture des enjeux". 

Pour encore plus de réalisme, "Opération Turquoise" a été tourné au Rwanda même s’il est en profond désaccord avec la politique de la France. A noter que de très nombreux figurants rwandais ont même particpé au tournage.

Un téléfilm a voir absolument ce soir sur Canal + (en crypté).

Crédit photo : Canal + / Cpiango / Riccardo Gangale
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Le capitaine de frégate français Marin-Gillier (alias Cormery dans le film), en charge de Bisesero, fut mis au courant des massacres le 26 juin 1994 et non le 30 juin selon la version officielle de l’armée française. C’est le journaliste du New York Times, Sam Kiley, qui l’en informa, devant les caméras de CNN !<br /> <br /> Par ailleurs, j'ai accompagné le 19 décembre 2006 la commission rwandaise à Bisesero et à Gishyita. J'y ai entendu des témoignages d'anciens miliciens aussi bien que d'un Hutu qui protégeait alors des Tutsi. Il les cachait aux soldats français. Ces derniers étaient, en effet, à Gishyita, aux barrières qu'ils ouvraient aux centaines de génocidaires armés de fusils et de gourdins en route vers Bisesero pour massacrer les Tutsi que le convoi du lieutenant-colonel Jean Rémy Duval (alias Harrège dans le film) venait de découvrir le 27 juin. C'est près de quatre mille militaires et miliciens rwandais qui furent convoyés à cette fin à Gishyita ... à 200 mètres à peine du campement français !<br /> <br /> Pour ce qui est de la guerre que mène aujourd'hui le général dissident Laurent Nkunda dans l'est du Congo, elle est la conséquence de cette exfiltration des génocidaires hutus par Turquoise, ce que le film montre bien par la bouche du colonel Tauzin (alias Rambert). Il s’est substitué à l'armée régulière congolaise qui n'a jamais voulu désarmer les FDLR, au sein desquels se sont regroupés les anciens génocidaires rwandais exfiltrés par Turquoise. Aujourd'hui on lui donne raison avec l'accord de Nairobi signé le 9 novembre dernier et le plan de guerre contre les FDLR que Kabila doit proposer pour le 1er décembre. J’ai rencontré le général rebelle dans son QG en début d'année. Laurent Nkunda avait alors, par mon intermédiaire, accusé, preuve à l'appui, le général français Christian Houdet, alors chef militaire de la Monuc (Mission des nations unies au Congo) de refuser de désarmer les FDLR, autrement dit de continuer à soutenir les anciens alliés de la France, fussent-ils génocidaires.
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