
En raison de l'actualité, Nathalie Renoux
présentera ce soir sur M6 à partir de 23h35 une émission spéciale au cours de laquelle sera rediffusé le documentaire réalisé par Mathieu Schwartz.
En 1948 la création de l’Etat d’Israël provoque le départ de 700 000 arabes. Fuyant les combats ou chassés par les armées sionistes ces familles sont persuadées qu’elles ne partent que pour un
temps. Pourtant ces cohortes de réfugiés vont bientôt se transformer en un peuple en exil qui cherche par tous les moyens à rentrer dans un pays qu’il appelle Palestine et que d’autres appellent
Israël.
De la guerre des Six jours qui se solde par une déroute des armées arabes à la guerre du Kippour qui fait vaciller Israël, du spectaculaire détournement d’avions sur l’aérodrome de Zarka à la
dramatique prise d’otage aux Jeux Olympiques de Munich, du massacre de Septembre noir à l’exode libanais, de la guerre des pierres de l’Intifada aux attentats-suicides de kamikazes, des accords de
paix d’Oslo à l’assassinat d’Itzhak Rabin, cette bataille pour une même terre revendiquée par deux peuples se poursuit sans relâche depuis 60 ans.
C’est à travers cinq destins (trois palestiniens, deux israéliens) radicalement différents que le documentaire évoque cette tragédie sans fin.
Leila Khaled a fui la Palestine en 1948, lorsqu’elle avait quatre ans. La jeune réfugiée devenue institutrice s’engage dans la lutte armée après la guerre des Six jours. Elle devient mondialement
connue après deux détournements d’avion. Elle a aujourd’hui 64 ans et vit en Jordanie.
Uri Hurvitz est un fils de pionnier israélien. Son père a créé l’un des premiers kibboutz du pays, Kfar Giladi à la frontière libanaise dans les années 20. Ce commandant de l’armée est très fier de
son pays. Il a participé à toutes les batailles, de la guerre d’indépendance au conflit libanais. Il a 82 ans et vit toujours dans son kibboutz.
Salah al Tamari, palestinien né à Bethléem, fait ses études au Caire, lorsque la guerre des Six jours éclate. Désemparé par la défaite arable, il rejoint le Fatah, le mouvement de guérilla de
Yasser Arafat dont il devient un des commandants. Il restera un compagnon de route du leader palestinien jusqu’à son dernier souffle. Autorisé à rentrer en Palestine après les accords de paix, il
est aujourd’hui, à 65 ans, gouverneur de Bethléem.
Yariv Horowitz est né à Tel A viv en 1971. Ce jeune israélien qui a grandi dans l’atmosphère pesante de la guerre du Kippour et des attentats palestiniens, se retrouve plongé malgré lui au
cœur de l’Intifada pendant son service militaire. Affecté au cinéma des armées, il est chargé d’un film de propagande sur le moral des troupes qui va révéler, malgré lui, le malaise de toute une
génération. Il a 37 ans, il est réalisateur à Tel Aviv.
Abdel Salam Shehadeh est né à Rafah dans un camp de réfugié de la bande de Gaza. Il a vécu l’invasion israélienne et la vie en territoire occupé. Depuis l’Intifada, il s’est mis à filmer la vie et
la colère de ses compatriotes. Il est patron d’une agence de presse palestinienne. A 46 ans, il vit toujours à Gaza.
Crédit photo : M6 / Marianne Rosentiehl