
A la suite de la soirée spéciale sur la rafle du Vel' d'Hiv
présentée par Marie Drucker, France 2 diffusera à 22h25, "La traque des nazis", un documentaire inédit réalisé par Isabelle Clarke et dont la voix off est assurée par Mathieu Kassovitz.
Pour la première fois, un film retrace l'histoire de la longue traque des nazis de 1945 à nos jours. Au sortir de la guerre, au moment où dans les pays libérés un sentiment de vengeance submergeait
les consciences, les Alliés parvinrent à mettre en place le premier procès de l'Histoire à Nuremberg condamnant à mort les plus hauts responsables nazis encore en vie. Mais au début des années 60,
l'Allemagne veut oublier, et nombreux sont encore ceux qui ont réussi à échapper aux mailles du filet. Trois personnalités hors du commun se lancent dans un combat acharné.
Simon Wiesenthal, rescapé des camps de la mort est à la recherche de ses bourreaux, depuis les kapos jusqu'à Mengele, le médecin fou d'Auschwitz, et Eichmann, le grand organisateur de la Solution
Finale. Ou le policier qui a arrêté Anne Franck, Karl Zielberbauer. A partir du procès d'Eichmann en 1962, aucun nazi ne pourra plus dormir tranquille. A la fin des années 60, l'avocat et historien
Serge Klarsfeld, fils d'un déporté juif assassiné et sa femme Beate Klarsfeld, une Allemande non juive, se lancent dans ce qui deviendra plus de 30 ans de traque des nazis encore en fuite ou tout
simplement vivant en Allemagne. Ainsi seront démasqués et jugés le chef SS Hagen, devenu directeur commercial, Lischka, l'homme de la Gestapo, Heinrichsohn, le gardien du camp de Drancy devenu
maire en Bavière, Walter Rauff, Barbie, le chef de la Gestapo de Lyon et le préfet Papon.
Le film retrace le suspense de cette longue traque, la persévérance de l'exploration minutieuse de registres et de fichiers comme le courage physique pour affronter les Etats complices et leurs
polices souvent, les colis piégés et les bombes parfois. Et surtout, il s'appuie sur une recherche d'archives qui renvoie systématiquement les bourreaux à leurs crimes, les images des procès et des
exécutions à celles des forfaits, l'heure du jugement à celle du passé. Dans un souci de transmission et de mémoire, il revient inlassablement en images sur le nazisme, son idéologie et son oeuvre
de mort.