
Jusqu'au 17 décembre, France 2 tourne à Paris et en région parisienne "V comme
Vian", un téléfilm de 90 minutes réalisé par Philippe Le Guay sur un scénario de Didier Vinson et avec Laurent Lucas de le rôle de Boris Vian mais aussi Julie Gayet, Bernard le Coq; Anne-Lena
Strasse, Arnaud Simon...
1946. Tout part d’un concours, pareil à ceux que Boris avait passés pour intégrer Centrale. Mais dans ceux-là pas d’incertitude. On travaille et on réussit ou on ne fait pas le nécessaire et on
échoue. Rien à voir avec le Prix de la Pléiade, concours littéraire organisé en interne par Gallimard pour ses poulains. Là tout compte, la chance, les appuis, les tendances, les
combats d’avant et d’arrière-garde, toutes choses auxquelles le jeune homme n’est pas préparé et qu’il refuse même d’admettre.
On lui a dit que son manuscrit l’Écume des jours était le meilleur, il devait avoir le Prix et non cet obscur Abbé Grosjean... Alors il massacre tout et tout le monde, irrite, énerve, finit même
par exaspérer Jean Paulhan, le Directeur littéraire de Gallimard.
Commence alors pour Boris Vian une longue traversée du désert qui durera jusqu’à sa mort en 1959. Quinze années pendant lesquelles il tentera avec l’énergie de sa jeunesse mais aussi du désespoir
de prouver à tout le monde et notamment à Gallimard qu’il est un auteur et un grand, quelqu’un sur qui ils peuvent compter. Pas seulement cet éternel ex futur espoir que l’on édite mal ou sous le
manteau, qu’on convie avec sa trompinette pour mettre de l’ambiance dans les cocktails de la NRF, ce pasticheur de roman noir américain, ce Vernon Sullivan qui, à coup de scènes licencieuses et de
crimes atroces, atteint des tirages vertigineux qui font vivre la famille Vian, pas seulement ce traducteur de série noire, ce pisse-copie qui écrit tout et n’importe quoi du moment que ça paye les
factures, cet existentialiste malgré lui qui lancera le Tabou et le mythe de Saint-Germain des Prés sans le vouloir.
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