
En 1960, les Iguanas, un groupe d’Ann Arbor spécialisé dans les reprises de
blues, embauche comme batteur un copain de collège timide qui s’appelle encore James Osterberg. Fils de professeur, il a grandi, loin de la ville dans un camp de caravanes pour sédentaires
pauvres.
Des années plus tard, tout le monde a oublié les Iguanas. Mais leur batteur, devenu grâce à eux «Iggy» Pop, a révolutionné le Rock, explosant le cadre inventé dans les fifties par ses pionniers
Elvis, Jerry Lee Lewis ou Chuck Berry. En plein «Summer of Love», avec son groupe «The Stooges», Iggy, met son corps en scène et marche sur son public tel un Jésus punk… dix ans avant l’acte de
naissance officiel du punk.
Iggy a survécu à tous les pièges du star-system : la drogue qui a décimé sa génération, les blessures qu’il s’est infligées sur scène et même la grosse tête, qu’il n’a jamais eu pour cause de
ventes moyennes.
Après 50 ans de carrière, l’«Iguane» est l’un des derniers monstres sacrés du Rock, un visionnaire avant-gardiste enfin reconnu depuis la reformation des Stooges en 2003.
Le vendredi 8 janvier à partir de 23h40, Arte nous proposera un numéro exceptionnel de Tracks consacré à Iggy ! Dans cette édition spéciale : de ses débuts bluesy dans les clubs noirs de Chicago à
sa retraite dorée et solitaire à Miami, de ses provocations sans limite avec ses acolytes des Stooges, les frères Asheton, à son surprenant partenariat aujourd’hui avec Michel Houellebecq, celui
qui a toujours détesté le punk raconte comment le rock, avec lui, est devenu dangereux et imprévisible. Deux mois avant d’entamer une nouvelle tournée mondiale avec ses vieux copains du Michigan,
Iggy Pop prend Tracks à l’abordage.