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Les radios musicales ne veulent pas être mises sous tutelle

fun-radio-dancefloor.jpgÀ la veille de la 29ème Fête de la Musique, l’industrie du disque fait feu de tout bois  pour convaincre les pouvoirs publics d’imposer une mise sous tutelle des antennes des radios en France, par un renforcement de leurs obligations de diffusion de titres francophones.

 

Dans un communiqué commun, Chérie FM, Fun Radio, Nostalgie, NRJ, RFM, Rire & Chansons, RTL2, Virgin Radio, des radios locales et régionales indépendantes  s'insurgent de ce lobbying trompeur de l’industrie du disque qui cherche pour elles à désigner les radios  comme coupables de l’appauvrissement de la production francophone alors que la responsabilité en incombe totalement à l'édition et à la production musicale :

  

Entre 1999 et 2009, la production d’albums francophones par l'industrie musicale a chuté de 49% et celle des singles francophones a chuté de 76%, et avec cette baisse de la production leurs investissements de développement des nouveaux talents ont encore davantage reculé,
 

cherie-fm-2008HQ.gifEntre 2000 et 2010, en dépit des considérables aides publiques et parapubliques à la production dont bénéficie la filière du disque, le solde de nouvelles signatures d’artistes francophones a diminué de 66 % en passant de 74 à 24, tandis que le nombre d’artistes francophones commercialisés est passé de 397 à 158, soit une baisse de 60%[1] ,
 

Entre 1999 et 2009 le nombre d’artistes francophones commercialisés est passé de 402 à 205, il est singulier que l'industrie musicale accuse les radios d'une concentration de la diffusion des chansons francophones alors que c'est elle qui a ainsi comprimé la production de titres et d'artistes différents.

 

Pour autant, malgré la raréfaction des titres francophones qui révèle la démission des producteurs de phonogrammes, les radios musicales assurent néanmoins si bien leurs obligations en termes de proportions de chansons francophones diffusées que, selon les chiffres publiés par le SNEP, la part relative des artistes francophones dans les entrées en programmation est stable, voire en hausse (30% en 2008, 29% en 2009, 30% en 2010), tandis que le nombre d’albums francophones commercialisés chutait de 20% sur cette période[2].

 

rfm2011Dans ce contexte de crise du secteur de la musique, les radios musicales, écoutées chaque jour par plus de 21 millions de français, sont toujours le meilleur acteur de la diversité musicale, grâce à la richesse des formats musicaux –rock, urbain, dance, pop, variété, jazz, latino, afro-caribéens, méditerranéens, notamment…

 

Les radios  qui sont soumises en France aux quotas de chansons francophones depuis le 1er janvier 1996  ont tenu parole et respecté leurs engagements. L’exposition de la chanson francophone est très largement assurée.

 

Les radios apportent ainsi une véritable aide en nature à la filière musicale francophone qui se taille aujourd’hui la part du lion dans le marché de la vente du disque en France puisque la grande majorité des disques vendus sont francophones.

 

nrj2008.jpgDerrière l’objectif affiché par la filière du disque de défense la production francophone, c’est en réalité la défense d’intérêts économiques catégoriels qui est en cause. Alors que l'industrie musicale se repositionne, au niveau mondial comme au niveau national, autour d'offres en ligne dans lesquelles elle ne se soucie guère de la place de l'expression francophone, elle ne peut prétendre à imposer aux radios en France ce qu'elle ne pratique pas elle-même sur  l’Internet.

 

De tels intérêts ne peuvent en aucun cas justifier quelque restriction que ce soit à la liberté éditoriale des radios en France, déjà pénalisées par rapport à de nouvelles formes de concurrence qui ne sont soumises à aucune règle, à aucune contrainte éditoriale.

 

Les défis  industriels de l’Internet soulèvent des problématiques globales. Ce n’est pas en pénalisant les radios qu’on les surmontera.

 

 

 

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